Interview de Maître Guo Guizhi
Interview de Maître Guo Guizhi, réalisé le
30 novembre 2001
à la demande de la revue ‘Génération Tao’
1) Pouvez-vous vous présentez (qui êtes-vous ?)
Je m’appelle Guo Guizhi. Je suis né en 1933. J’habite Datong ville située à une centaine de kilomètres au nord de Pékin. J’étais jusqu’à ma retraite ouvrier des Chemins de fer.
J’ai été initié au Dacheng Quan par le Docteur Yu YongNian puis par Maître Yao Zongxun. J’ai eu l’honneur de participer à quelques entraînements avec Maître Wang Xiangzhai, fondateur du Dacheng Quan.
J’ai, à de très nombreuses reprises, représenté le Dacheng Quan dans des compétitions comportant des aspects combatifs. C’est dans ce cadre que j’ai remporté plusieurs médailles d’or dans des compétitions nationales chinoises.
Je suis par ailleurs président ou vice-président de plusieurs associations de Dacheng Quan.
2) A quel âge avez-vous commencé le Dacheng Quan ? Et pourquoi ?
J’ai commencé le Dacheng Quan à 27 ans pour soigner une maladie d’estomac.
3) Avez-vous des frères et des soeurs qui pratiquent aussi ? Quoi ?
Non
4) Vos parents, ou l'un des membres de votre famille, de vos
ancêtres pratiquaient-ils les arts martiaux chinois ?
Je fais partie de la 4 ème génération de pratiquants. L’oncle de mon grand-père maternel fut le premier. Il s’appelait Zhou Ying Wa et était très connu.. Le second fut mon grand-père maternel Zhou Kuo Xuei qui pratiqua la boxe de Shalin dès l’âge de 15 ans, puis mon oncle Zhou Wen Yng.
5) Votre femme ou vos enfants pratiquent-ils ? Et est-ce important
pour
vous ?
Parmi mes 5 enfants, mon fils aîné et mon second fils pratiquent le Dacheng Quan. Bien entendu, c’est important pour moi de voir des membres de ma famille suivre mon chemin et je suis très heureux que mon second fils m’accompagne cette fois dans mon voyage en Europe.
6) Avez-vous pratiqué d'autre styles dans les arts martiaux
chinois ? Si
oui, pouvez-vous nous dire ce que cela vous a apporté ?
Oui, j’ai pratiqué plusieurs autres styles d’arts martiaux chinois : Taiji Quan, Xing-Hi, Pa Kua, plusieurs boxes de Shaolin, les couteaux et le bâton. Le Taiji m’a aidé à travailler la détente. Les autres styles m’ont apporté une bonne mobilité et une grande habileté dans les déplacements.
7) Quelles sont à votre avis les qualités (+) et les
ornières (-) du Da
Cheng Quan ?
La première qualité du Da Cheng Quan est sa capacité à renforcer la santé. La seconde est d’améliorer la mobilisation de l’énergie et de développer les compétences combatives.
L’ornière à éviter, c’est la monotonie liée à la pratique régulière et fréquente des postures.
8) Quelle était votre relation avec Wang Xian Jié aujourd'hui disparu ?
Nous étions de la même génération. Nous avons souvent pratiqué ensemble depuis 1957. C’était un très bon ami.
9) Existe-t-il une pratique différente pour : - le martial
- la santé - le
spirituel ? Quels sont les points communs éventuels ? Et quelle est
votre
intention dans votre pratique ?
Oui, il existe des pratiques différentes selon le but.
Pour la santé et les aspects spirituels, il faut principalement travailler le relâchement (Fa Song).
Pour l’aspect martial, il faut travailler l’alternance de tension – relâchement (Song Jin) et la façon de sortir la force (Fa Li).
10) Quelle est l'utilité des différentes attitudes
des mains dans les
postures de Dacheng Quan ?
Les mains permettent de travailler différentes formes et différentes connexions musculaires et articulaires et de mobiliser différentes formes d’énergie. L’important ce sont les angles des mains et des articulations qui permettent ces diverses formes de travail.
11) Par rapport à d'autres styles comme le Tai Ji Quan où les
mains restent
souples, quel est l'intérêt de tendre (contracter ??) à ce
point les mains
en Dacheng Quan ?
Il est vrai que les mains dans la posture peuvent paraître contractées, mais en réalité, il n’en est rien. On peut parler de lourdeur mais pas de contraction. Les mains doivent être lourdes pour aider le corps à être léger mais en restant très souples.
Dès que l’on travaille en bougeant, les mains doivent être encore plus détendues que dans le TaiJi ; simplement à de très très courts moments il y a une tension qui est le chemin vers le Fa Li (sortir la force).
12) Que pensez-vous de l'introduction du Wushu aux J.O de Pékin ?
J’y suis très favorable car dans la tradition chinoise , il est important de développer aussi bien les aspects culturels que les aspects martiaux. L’introduction du Wushu aux J.O permettra, je l’espère, une grande extension de cette pratique.
13) Quel avenir voyez-vous pour les arts martiaux chinois, et
en particulier
le Da Cheng Quan ?
Je souhaite sincèrement que les arts martiaux chinois, tous les arts martiaux chinois se développent dans le monde entier. Le Dacheng Quan, le TaiJi peuvent aider à renforcer la santé ; pour les jeunes les boxes de Shaolin sont très intéressantes et après 30 ans, un travail plus interne comme celui proposé par le Dacheng Quan est très enrichissant, et bien entendu pas seulement sur les aspects combatifs. Ils offrent ainsi des possibilités de progresser durant toute sa vie. C’est une richesse extraordinaire.
Lire un autre article ("ARTS MARTIAUX D’ASIE")INSCRIPTIONS AUX STAGES DE DA-CHENG-CHUAN
organisé avec MAITRE GUO GUIZHI
Grand Maître, plusieurs fois champion de Chine de WU SHU (combat) où il représentait officiellement le Da-Cheng-Chuan



